Déprime et sucre

Déprime et sucre : quel lien ?

Je continue ma série d’articles sur le sucre, dans le cadre de mon 3ème défi “Stop sucre !”. Déprime et sucre, quel lien ? Mais si, je suis sûre que tu sais !

Un coup de mou ? Tu te sens déprimé(e) ? Ah cette belle part de tarte aux fruits bien sucrée ou ce délicieux donut si doux et sucré qui te fait de l’oeil… Ça te ferait sûrement beaucoup de bien au moral. Oui, peut-être. Mais pourquoi ? Pourquoi se jeter systématiquement sur le sucre ?

Délicieux Donut doux et sucré, Photo by Thomas Kelley on Unsplash
Délicieux Donut doux et sucré, Photo by Thomas Kelley on Unsplash

Physiologiquement programmés pour le goût sucré

Le goût pour le sucré est inné. Nous sommes physiologiquement programmés pour aimer le sucre. Enfin presque. On parle plutôt d‘acceptation.

Regarde un bébé : tu lui donnes quelque chose d’amer, il va te montrer un faciès de dégoût, si tu lui donnes quelque chose de sucré, il sera en joie. Le fait pour un parent d’obtenir un sourire de son nourrisson incite le parent à renouveler le comportement qui lui a valu un tel succès. Action, réaction !

Bébé gâteau ! Photo by Henley Design Studio on Unsplash
Bébé gâteau ! Photo by Henley Design Studio on Unsplash

Et il s’avère que le foetus répond à la présence d’un goût sucré dans le liquide amniotique ! Oui, même avant ta naissance, au 3ème trimestre de grossesse, tes récepteurs gustatifs sont fonctionnels.

Le sucre et l’éducation

Souviens-toi quand tu étais enfant : « Si tu es sage, tu auras droit à ce magnifique bonbon rose fluo » Ah la récompense qui marche à tous les coups.. ! « Si tu finis pas ton assiette, pas de dessert ! » Cette stratégie visant à forcer l’enfant à manger ses légumes par une récompense alimentaire est contre-productive ! Tu risques de lui faire détester encore plus les légumes et de renforcer son appétit pour les desserts… Bref, le sucre nous a vraiment été inculqué comme aliment récompense. Il l’est déjà physiologiquement au niveau du cerveau, sans rien demander à personne mais alors avec l’éducation que nous ont donné nos pauvres parents, c’est profondément bien ancré au fin fond de nos tripes !

À l’inverse, interdire un aliment conduit l’enfant à se focaliser sur cet aliment et à vouloir en consommer même sans avoir faim.

Donc la stratégie de la récompense alimentaire et l’interdiction d’un aliment aboutissent au même résultat : l’exacerbation du goût (appétence) pour ce produit !

Préférence pour le sucré : innée ou acquise ? Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition – Vol. XIV – n° 5 – mai 2010

Cycle hormonal

Ton cycle hormonal te joue aussi des tours. Messieurs vous êtes aussi concernés ! En effet, la dopamine est sécrétée le matin, ça t’aide à démarrer la journée (et du cortisol aussi, je t’invite à lire mon article sur le sujet) puis la sérotonine en fin de journée. S’il y a un déséquilibre dans la sécrétion de ces hormones, alors le sucre sera un réconfort. Le cerveau, fatigué, l’utilisera comme un système de récompense. Mal régulé par les hormones, il va compenser avec le sucre.

Pourquoi ? Quand tu manges du sucre, le pic de glycémie entraîne la sécrétion de dopamine au niveau du cerveau. Il intègre la sensation de plaisir (c’est ça le système de récompense). Puis la baisse de glycémie entraîne une sensation de fatigue, ton cerveau malin (pas tant que ça finalement…) va immédiatement penser à ce qui lui fait plaisir, et bam tu te jettes sur le sucre.

Équilibre Sérotonine et Dopamine
Équilibre Sérotonine et Dopamine

Plus ou moins pareil avec la sérotonine. Quand tu es déprimé(e), ton cerveau va penser à ce qui lui fait plaisir et facilement accessible, et bim, encore le sucre.

Déséquilibre en micro-nutriments

Déprime et sucre peuvent s’expliquer par un déséquilibre en micro-nutriments. Ce déséquilibre peut être source de fringales sucrées.

Magnésium

Magnésium
Magnésium

Tu as sûrement souvent entendu dire que si tu es fatigué(e), alors une cure de magnésium te fera du bien. Et c’est vrai ! Le magnésium est nécessaire à l’utilisation du glucose par les cellules, donc à une bonne gestion de la glycémie. Il permet également à l’insuline de fonctionner correctement. Enfin, il aide les neurotransmetteurs à faire leur boulot (dopamine, sérotonine…)

Magnésium = ANTI-STRESS, ANTI-FATIGUE, DIMINUE LA CONSOMMATION D’ALIMENTS RÉCONFORTANTS

Fer

Fer
Fer

Un déficit en fer peut être source de nombreux désagréments. En effet, le fer est indispensable à la synthèse des neurotransmetteurs, dont la dopamine et la sérotonine, qui permettent la communication au sein du système nerveux.

Déficit en fer = PERTE DE MOTIVATION, PULSIONS, DIFFICULTÉS À GÉRER SES ÉMOTIONS, FATIGUE, GRIGNOTAGE

Attentions, si tu es une femme (décidément…) ou un grand sportif, tu es susceptible d’être carencé en fer. Pareil chez les ado et les enfants, à surveiller !

Zinc

Zinc
Zinc

Le zinc est indispensable au fonctionnement des récepteurs à l’insuline et à la structure de l’insuline, hormone essentielle dans la régulation de la glycémie (précisions à venir !).

Il est également impliqué dans la production de la leptine, appelée hormone de la satiété (tout est dit !). On dit que c’est une hormone anorexigène, qui aide à la perte de poids car elle régule les réserves de graisse dans l’organisme et l’appétit.

Zinc = RÉGULATION DE L’APPÉTIT

Vitamine D

Vitamine D
Vitamine D

La fameuse vitamine D ! Et oui, elle va t’aider à gérer tes humeurs et ton poids ! Elle diminue la résistance à l’insuline, c’est-à-dire qu’elle va aider l’insuline à faire son boulot correctement et à transporter le glucose comme il se doit, jusqu’au muscle. Et elle est anti-dépressive !

Vitamine D = ANTI-DÉPRESSIVE, RÉGULATION DE LA GLYCÉMIE

Vitamines B

Vitamines B
Vitamines B
  • Vitamine B1 : un déficit en vitamine B1 entraîne fatigue et moindre utilisation du glucose
  • Vitamines B6-B9-B12 : elles participent à la synthèse de nos fameux neurotransmetteurs

Sélénium

Sélénium
Sélénium

Le sélénium augmente l’adiponectine. Qu’est-ce que c’est encore ce mot barbare ? L’adiponectine est une hormone sécrétée dans le tissu adipeux (le gras). Elle participe à la régulation du métabolisme du glucose en augmentant la résistance à l’insuline. En fait, elle permet à l’insuline, comme le magnésium, de faire correctement son boulot. Et elle aurait également une action anti-stress.

Sélénium = RÉGULATION DU MÉTABOLISME DU GLUCOSE

Chrome

Chrome

Le chrome participe activement à la régulation de la glycémie grâce à ses nombreux effets sur le fonctionnement de l‘insuline. Il aide à combattre les pulsions sucrées, à diminuer la masse grasse (adieu bourrelets !), à réguler le cortisol (adieu stress !) et a un effet satiétogène (il diminue l’appétit).

Chrome = COMBAT LES PULSIONS SUCRÉES, LE GRAS, LE STRESS ET DIMINUE L’APPÉTIT !

Une Spécificité féminine

Eh oui, les femmes sont plus sujettes à se tourner vers le sucre car nos hormones nous jouent des tours ! Nous passons par différentes phases au cours de notre vie (syndrome pré-menstruel, grossesse, pré-ménopause, ménopause) qui nous poussent à nos tourner vers le sucre pour calmer nos états émotionnels.

Conclusion

Voilà, grâce à ce défi “stop sucre”, j’aborde de nombreux points importants sur l’alimentation. Si tu as lu mon dernier article, tu connais maintenant les différents glucides, les bons et les moins bons. Et maintenant tu commences à te faire une idée sur la façon dont il est possible de limiter les moments de déprime et ton appétence (il est joli ce mot non ?!) pour le sucre, grâce à l’alimentation. Nous verrons plus en détail très prochainement quels aliments privilégier en ce sens.

J’espère que ces infos te sont utiles. N’hésites pas à me dire dans les commentaires ce qui te pose le plus problème.

Sources :

Préférence pour le sucré : innée ou acquise ? Correspondances en Métabolismes Hormones Diabètes et Nutrition – Vol. XIV – n° 5 – mai 2010
Adiponectine et stress et anxiété : https://doi.org/10.1073/pnas.1202835109
Effets du magnésium sur le stress et l’anxiété : https://doi.org/10.3390/nu9050429
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK507250/
Fer et gestion des émotions : https://doi.org/10.1016/j.jnutbio.2014.07.003
Supplémentation en Fer et fatigue : https://bmjopen.bmj.com/content/8/4/e019240
Déficit en Fer et fatigue : https://doi.org/10.1017/S0007114517001349
Supplémentation en Zinc et traitement de l’obésité : https://www.nrcresearchpress.com/doi/10.1139/apnm-2018-0519#.XuFKpxMzYyk
Supplémentation en Vitamine D et syndrome dépressif : https://journals.lww.com/psychosomaticmedicine/Abstract/2014/04000/Vitamin_D_Supplementation_for_Depressive_Symptoms_.9.aspx
Sélénium et régulation du glucose : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31177751/?from_term=s%C3%A9l%C3%A9nium+and+blodd+sugar+regulation&from_exact_term=selenium+and+blood+sugar+regulation&from_pos=1

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2 thoughts on “Déprime et sucre : quel lien ?

  1. Bravo ! Super clair.
    Bon comme c’est un peu ma spécialité, le lien entre fringale de sucre et cycle menstruel comprend un 3ème acteur au niveau du cerveau : les neurotransmetteurs (dopamine, sérotonine,…)

    Parce que le jeu hormonal impacte cet équilibre, la boucle est bouclée !

    Merci Déborah !

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